La vitesse d'adaptation collective plutôt que l'optimisation individuelle
Dans un environnement changeant, la capacité de l'ensemble à s'adapter rapidement compte davantage que la performance optimisée de chaque équipe isolée.
McChrystal observe qu'une organisation confrontée à un environnement complexe et changeant gagne à mesurer sa réussite non pas à l'efficacité maximale de chacune de ses équipes prise isolément, mais à la vitesse à laquelle l'ensemble de l'organisation parvient collectivement à percevoir un changement de situation et à ajuster son comportement en conséquence, une capacité d'adaptation globale qui compte souvent davantage, face à un adversaire ou un contexte imprévisible, que l'optimisation poussée d'un seul maillon de la chaîne.
Il illustre cette priorité par le constat qu'une organisation composée d'équipes chacune optimisée individuellement à la perfection, mais mal synchronisées entre elles, s'adapte souvent plus lentement au changement qu'une organisation dont les équipes, légèrement moins optimisées individuellement, sont en revanche mieux connectées et mieux informées les unes des autres, une capacité de réaction collective qui l'emporte sur la somme des performances isolées lorsque la situation évolue rapidement.
Ce principe invite les dirigeants à résister à la tentation de juger la performance de chaque équipe uniquement à travers ses propres indicateurs internes, en accordant une attention au moins égale à la vitesse et à la qualité de l'adaptation collective de l'ensemble de l'organisation face à un changement de situation, un critère qui reflète mieux la résilience réelle de l'organisation qu'une simple addition de performances individuelles optimisées.
Exemples concrets
L'organisation bien synchronisée qui s'adapte plus vite
Une organisation dont les équipes, individuellement moins optimisées, restent étroitement synchronisées entre elles réagit à un changement de situation en quelques heures, quand une organisation concurrente aux équipes chacune irréprochables mais mal connectées met plusieurs jours à ajuster collectivement son comportement.
L'optimisation isolée qui freine l'ensemble
Un service qui a perfectionné ses propres processus internes au point de devenir peu flexible face à une demande inhabituelle ralentit, sans le vouloir, l'adaptation de l'organisation entière, révélant que son optimisation individuelle s'est faite au détriment de la capacité d'adaptation collective.
Pour aller plus loin
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