Nommer précisément ce que l'on ressent
Distinguer un sentiment réel d'une pensée déguisée en sentiment est la deuxième étape d'une communication qui ne braque pas l'autre.
La deuxième composante du modèle proposé par Rosenberg consiste à exprimer clairement le sentiment que suscite une situation observée, plutôt que de rester au niveau de l'interprétation ou de l'accusation. Il souligne que beaucoup de phrases formulées comme des sentiments (« je sens que tu ne m'écoutes jamais ») sont en réalité des jugements déguisés, qui décrivent une évaluation de l'autre plutôt qu'un état émotionnel réellement ressenti.
Cette distinction demande de développer un vocabulaire émotionnel précis, permettant de nommer avec exactitude ce que l'on ressent, frustration, déception, inquiétude, plutôt que de se limiter à des formulations vagues qui masquent en réalité une accusation implicite envers l'autre personne. Rosenberg observe que cette précision réduit considérablement la charge conflictuelle d'un échange difficile.
Exprimer un sentiment réel, plutôt qu'un jugement habillé en sentiment, change également la posture de celui qui parle : il s'exprime alors depuis sa propre expérience intérieure plutôt que depuis une position de reproche, ce qui rend l'échange nettement moins susceptible de déclencher une escalade défensive chez l'interlocuteur.
Exemples concrets
Le sentiment réel derrière le jugement
Une personne qui dirait « je sens que tu te fiches de moi » identifie, en y réfléchissant, le sentiment réel qui se cache derrière cette phrase, la déception, et le formule directement : « je me sens déçu quand nos plans changent au dernier moment », une reformulation qui ouvre le dialogue plutôt que de le fermer.
Un vocabulaire émotionnel plus précis
Quelqu'un qui s'entraîne à distinguer l'irritation de la déception, ou l'inquiétude de la colère, constate que cette précision aide considérablement son entourage à comprendre réellement ce qu'il traverse, plutôt que de percevoir uniquement une vague tension.
Pour aller plus loin
Ce résumé n'est qu'un aperçu. Pour explorer en profondeur le raisonnement complet de Marshall B. Rosenberg et tous les exemples originaux du livre, la lecture intégrale de Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) reste incontournable.
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