Identifier le noyau : diagnostic, ligne directrice, actions cohérentes
Toute stratégie solide se réduit à trois éléments : comprendre le problème, choisir une approche pour le résoudre, et aligner les actions en conséquence.
Rumelt affirme que la majeure partie de ce qui est présenté comme « stratégie » dans les entreprises n'en est pas une, mais plutôt une collection d'objectifs financiers ou de vœux pieux sans réelle substance. Une stratégie véritable, selon lui, repose toujours sur un noyau identifiable composé de trois éléments indissociables : un diagnostic qui définit précisément la nature du défi à surmonter, une ligne directrice générale pour y faire face, et un ensemble d'actions cohérentes qui mettent en œuvre cette ligne directrice.
Ce noyau sert de test de validité : face à n'importe quel document présenté comme une stratégie, on peut vérifier s'il contient réellement ces trois éléments ou s'il se limite à énoncer des ambitions sans expliquer ni le problème sous-jacent, ni l'approche choisie pour le résoudre. Beaucoup de plans stratégiques d'entreprise échouent précisément ce test basique.
L'intérêt de ce cadre est sa simplicité et sa capacité à démasquer les faux-semblants : un diagnostic clair force à admettre des vérités parfois inconfortables sur la situation réelle de l'organisation, tandis qu'une ligne directrice et des actions cohérentes empêchent la stratégie de rester un vœu abstrait déconnecté de toute mise en œuvre concrète.
Exemples concrets
Un diagnostic qui dérange mais éclaire
Le dirigeant d'une chaîne de magasins reconnaît publiquement que son problème central n'est pas la concurrence des prix, mais l'expérience client dégradée en boutique, un diagnostic inconfortable qui oriente toute la ligne directrice choisie ensuite vers la formation du personnel plutôt que vers une nouvelle baisse de prix.
Le faux plan stratégique
Un comité de direction publie un document intitulé « stratégie 2030 » qui liste des objectifs de croissance chiffrés sans jamais expliquer quel problème ces chiffres sont censés résoudre ni quelles actions concrètes y mèneraient, ce qui en fait, selon les critères de Rumelt, un vœu et non une stratégie.
Pour aller plus loin
Ce résumé n'est qu'un aperçu. Pour explorer en profondeur le raisonnement complet de Richard Rumelt et tous les exemples originaux du livre, la lecture intégrale de Bonne stratégie, mauvaise stratégie reste incontournable.
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