Principe 02 · Bonne stratégie, mauvaise stratégie

Reconnaître les symptômes de la mauvaise stratégie

Le jargon creux, les objectifs déguisés en stratégie et l'accumulation d'ambitions non hiérarchisées trahissent une mauvaise stratégie avant même d'échouer.

Rumelt dresse une typologie précise des signes qui trahissent une mauvaise stratégie, afin de permettre de les repérer avant même que leurs conséquences ne se manifestent. Le premier symptôme est le jargon creux : un langage abstrait et grandiloquent qui donne l'illusion d'une pensée sophistiquée sans jamais rien dire de concret sur la situation réelle ou les actions à entreprendre.

Le deuxième symptôme est l'incapacité à affronter le problème réel : une mauvaise stratégie évite souvent de nommer clairement le défi central auquel l'organisation fait face, préférant énoncer des généralités rassurantes plutôt que d'admettre une difficulté inconfortable. Le troisième symptôme, très répandu, consiste à confondre objectifs et stratégie : fixer un objectif ambitieux — doubler le chiffre d'affaires, devenir leader du marché — sans jamais expliquer comment on compte l'atteindre.

Enfin, Rumelt pointe l'accumulation d'objectifs multiples non hiérarchisés comme un symptôme classique : une liste de dix priorités égales en importance revient en pratique à n'avoir aucune priorité du tout, car elle ne fournit aucune indication sur les arbitrages à faire lorsque les ressources, nécessairement limitées, ne permettent pas de tout poursuivre simultanément.

Exemples concrets

Le jargon qui masque le vide

Une présentation stratégique interne multiplie les expressions comme « synergiser les verticales » et « maximiser la proposition de valeur omnicanale » sans jamais préciser une seule action concrète, un habillage verbal que les employés apprennent vite à ignorer tant il ne débouche sur rien de tangible.

Dix priorités, donc aucune

Une entreprise publie une liste de douze priorités stratégiques pour l'année, toutes présentées comme également importantes ; six mois plus tard, aucune équipe ne sait laquelle privilégier lorsque les ressources manquent, et l'organisation continue de fonctionner exactement comme avant.

Pour aller plus loin

Ce résumé n'est qu'un aperçu. Pour explorer en profondeur le raisonnement complet de Richard Rumelt et tous les exemples originaux du livre, la lecture intégrale de Bonne stratégie, mauvaise stratégie reste incontournable.

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